Tous les mois, les Archives départementales vous proposent de découvrir un document conservé dans leurs fonds et qui illustre un pan de l'histoire des Côtes-d'Armor. Après des archives liées à l'architecture en 2020, l'année 2021 sera consacrée à la découverte de documents relatifs à l'enseignement.

Février : le projet d’école de garçon de Plénée-Jugon, 1899

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Plan de l’école de garçons de Plénée-Jugon par l’architecte Alphonse Jousseaume, 1899. (AD22, 2 O 185/2)
Plan de l’école de garçons de Plénée-Jugon par l’architecte Alphonse Jousseaume, 1899. (AD22, 2 O 185/2)

Les Archives départementales possèdent en sous-série 2 O (archives préfectorales relatives à l’administration communale) des dossiers sur la construction et l’entretien des écoles communales.
En 1881-1882, les lois de Jules Ferry rendent l'instruction primaire obligatoire et l'école publique laïque et gratuite. Dès lors, les projets de construction d'école se multiplient et reflètent l'ambition des communes d'instruire les enfants dans de bonnes conditions.

Au début du XXe siècle, Plénée-Jugon compte 3 723 habitants et environ 190 élèves âgés de 7 à 13 ans. Ils sont scolarisés dans trois écoles publiques et une école privée. Le document du projet de la Maison-école pour les garçons de la commune, daté du 22 février 1899 et signé par l’architecte Alphonse Jousseaume, présente les plans et l’élévation de l’une des écoles publiques. Ce type d’édifice est caractéristique des plans-modèles des écoles de la Troisième République.

Au centre du projet d’Alphonse Jousseaume se trouvent des logements s’élevant sur trois niveaux avec cuisine, salle à manger et chambres. De part et d’autre de ce logis central, deux ailes rectangulaires à un seul niveau abritent quatre classes. Celles-ci sont toutes équipées d’une estrade, d’un bureau pour l’instituteur, de bancs, de pupitres et d’un poêle à bois. L’ensemble est complété d’un préau et d’un cellier-bûcher.

Bien qu'Alphonse Jousseaume soit l’auteur de plusieurs édifices dans le département (la mairie et l’école de la commune de Matignon notamment), c’est finalement l’architecte Carmejeanne de Saint-Brieuc qui se voit confier la construction de l’école des garçons de Plénée-Jugon entre 1906 et 1909. Ce bâtiment, légèrement différent du projet initial, est toujours en activité.

Consultez le site de l'Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne.

Janvier : l’école normale de Saint-Brieuc, vers 1920

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Salle de classe de l’école normale de Saint-Brieuc, vers 1920 (AD22, fonds Paul Caillebot, 84 Fi 1).
Salle de classe de l’école normale de Saint-Brieuc, vers 1920 (AD22, fonds Paul Caillebot, 84 Fi 1).

En 2020, un album photographique représentant le quotidien de l’école normale d’instituteurs de Saint-Brieuc dans les années 1920 entre dans les collections des Archives départementales. Il s’agit d’un don de la petite-fille de Paul Caillebot, ancien étudiant de cette école entre 1917 et 1921. Ces photographies surgies du passé nous font entrer dans le quotidien de cet établissement chargé de former les futurs instituteurs du département.

L’école normale d’instituteur de Saint-Brieuc est créée en 1831, en même temps que celle de Rennes. Ces créations s’inscrivent dans la politique ambitieuse de développement de l’enseignement primaire en France qui caractérise tout le XIXe siècle. Former de bons instituteurs est un préalable indispensable pour assurer la qualité de l’enseignement prodigué dans les écoles. Pourtant, l’école normale de Saint-Brieuc est supprimée en 1833. La formation des maîtres est alors assurée par l’école normale de Rennes jusqu’en 1852, puis par différents établissements scolaires des Côtes-du-Nord (Saint-Brieuc, Guingamp, Lamballe et Lannion).

Ce n’est qu’en 1886, que sont définitivement centralisées les écoles normales de filles et de garçons au chef-lieu du département. L’école normale d’instituteurs (dite aussi école normale de garçons) est construite rue Théodule-Ribot à l’ouest de la ville de Saint-Brieuc. La formation des instituteurs y est assurée de 1886 jusqu’à nos jours sauf pendant la Première Guerre mondiale, période durant laquelle les locaux sont réquisitionnés et transformés en hôpital complémentaire.

Paul Caillebot, le propriétaire de l’album de photographies présenté ici, a suivi ses études à l’école normale de Saint-Brieuc entre 1917 et 1921. Après avoir effectué son service militaire, il est nommé dans la commune de Lanvollon comme stagiaire le 1er janvier 1923, puis à Plélo le 1er avril 1923. Le 1er octobre 1923, il est muté à Plélauff commune dans laquelle il effectuera toute sa carrière jusqu’en 1951. Les photographies de son album nous montrent bien entendu les élèves de l’école attablés à leur pupitre mais aussi participant à diverses activités sportives et artistiques (fanfare, théâtre) qui contribuent à leur formation.

En 1990, les écoles normales deviennent Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) puis, en 2013, École Supérieure du Professorat et de l'Éducation (ESPE), et enfin Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE). En 2012, le bâtiment de Saint-Brieuc accueille le Centre Départemental de Documentation Pédagogique (CDDP), devenu aujourd’hui le réseau CANOPE.
En 1990, les écoles normales deviennent Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) pour préparer aux concours et former les enseignants du premier et du second degré. En 2013, l’ IUFM fait place à l’École Supérieure du Professorat et de l'Éducation (ESPE), et enfin, à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE) depuis 2019.
En 2012, le bâtiment de Saint-Brieuc accueille par ailleurs dans l'ancien réfectoire, le Centre Départemental de Documentation Pédagogique (CDDP) devenu aujourd’hui l'atelier du réseau CANOPE.

Fanfare des élèves de l’école normale de Saint-Brieuc, vers 1920 (AD22, fonds Paul Caillebot, 84 Fi 1).
Fanfare des élèves de l’école normale de Saint-Brieuc, vers 1920 (AD22, fonds Paul Caillebot, 84 Fi 1).

Contacts

Archives départementales des Côtes-d'Armor
7 rue François Merlet - 22000 Saint-Brieuc