Un intérêt historique

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Les archives départementales collectent le patrimoine écrit du département afin de le rendre accessible à tous. Complémentaires des archives publiques provenant des administrations, les archives d'origine privée présentent un intérêt majeur pour la connaissance historique et l'histoire locale. En effet, elles reflètent la société dans la diversité de ses activités.

Remettre des archives privées à un service public d’archives, c’est laisser une trace indélébile de son action ou de son engagement, de l’activité de son association ou de son entreprise, et nourrir ainsi l’histoire sociale, éducative et culturelle du territoire où cette action s’est exercée. Cette démarche vise à léguer un témoignage pour les générations à venir, à constituer une mémoire collective, à s’enraciner dans l’histoire, en évitant la dispersion des fonds ; dispersion qui a de grandes chances de survenir lorsque les documents passent de main en main pour diverses raisons (succession, dissolution d’association, fermeture d’un commerce ou d’une entreprise).

Cependant, les archives départementales ne conservent pas tout !
Elles sélectionnent des archives privées concernant l'ensemble du territoire départemental, ses habitants, ses activités, ses traditions et doivent effectuer un tri nécessaire afin de ne pas avoir de sur-représentations. On y trouve des sujets aussi bien ordinaires qu'exceptionnels, et des documents très anciens comme contemporains (l'âge avancé d'un document n'est pas un critère suffisant pour le faire entrer dans les fonds et collections).

Quelques exemples

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- Les archives personnelles et familiales témoignent de l’évolution des conditions de vie, des mœurs et des formes de sociabilité.
Exemples : le fonds de La Ville-aux-Veneurs (129 J) concernant six familles (comprenant des hommes de loi et des négociants en toiles) impliquées dans la vie politique, intellectuelle et économique des environs de Quintin et de Loudéac, résidentes au manoir de la Ville-aux-Veneurs en Trévé (1480-1963) ; le fonds Boulbain (165 J) constitué par l’abbé Jean Boulbain pendant et après la dernière guerre mondiale concernant les crimes de guerre et la résistance en Bretagne.

- Les archives des érudits peuvent intéresser l’histoire locale, ou celle des sciences et des connaissances.
Exemples : le fonds Frotier de La Messelière (60 J) constitué de cahiers, de notes, d’albums (dont de nombreux dessins et croquis) réunis pour écrire des ouvrages consacrés aux monuments du département et aux familles de la noblesse bretonne ; le fonds de Monseigneur Kerleveo (116 J) constitué de ses études sur Paimpol et son terroir, la pêche en Islande et de multiples autres sujets d’histoire locale.

- Les fonds cultuels renseignent les généalogistes et les curieux en histoire locale, mais aussi les chercheurs en sociologie.
Exemple : le fonds de l’Association des amis de l’abbaye de Beauport (136 J) concernant une rente perpétuelle servie à cette abbaye (1559-1701).

- Les archives des entreprises sont indispensables pour écrire l’histoire du tissu économique d'un territoire. Elles enrichissent la mémoire des techniques et constituent un patrimoine unique sur les spécificités du département.
Exemples : le fonds Prud’homme (135 J) constitué des archives professionnelles et familiales des Prud'homme, imprimeurs-libraires briochins (XVe-XXe siècles) ; le fonds Hubert de Sainte-Marie (184 J) concernant l'entreprise SARL Atelier Sainte Marie Vitraux (atelier de fabrication et restauration de vitraux à Quintin de 1947 à 2011).

- Les archives des associations et des syndicats attestent une activité sociale particulière et peuvent documenter l’histoire des idées.
Exemples : le fonds de la Franc-maçonnerie (41 J) concernant la Loge maçonnique de Saint-Brieuc (1792-1834) ; le fonds du PSU (Parti Socialiste Unifié des Côtes-du-Nord ; 146 J) composé notamment des dossiers opérationnels du parti sur le plan local (luttes ponctuelles ayant trait à la langue bretonne, à la défense des droits syndicaux des ouvriers du Joint Français et aux élections locales et nationales, entre 1957 et 1997).

- Les archives d'architectes et d'artistes racontent l'évolution physique des villes et villages, des techniques constructives et les spécificités artistiques locales.
Exemples : le fonds Georges-Robert Lefort (124 J et 64 Fi) ou le fonds Ernest Novello (161 J) concernant les projets et réalisations des l'agences de ces architectes ; le fonds André Le Picard (163 J) constitué des archives d'une entreprise d’ébénistes (trois générations) dont le dernier, André Le Picard, est connu pour ses meubles de style régionaliste et ses sculptures (XVIe-XXe siècles).

- Les archives de photographes, amateurs ou professionnels, sont un excellent moyen de remonter le temps en consultant des prises de vues remontant jusqu'au XIXe siècle et représentant tant des événements historiques majeurs que l'intimité familiale.
Exemple : la collection photographique Hyacinthe Bolloc'h (54 Fi), composée de portraits, de scènes de vie familiale, de vues d'expositions et salons parisiens dans les années 1930, et d'un ensemble de 110 phototypes concernant la Première guerre mondiale (probablement pris par un opérateur photographe attaché à l'armée).

Pour en savoir plus sur l'intérêt des archives privées, consulter l'article publié par Christine Nougaret sous le titre « L'intérêt des archives privées pour l'Histoire », dans La Gazette des archives en 2006 (n°201).

Contacts

Mme Éveillard-Kervarrec, responsable des archives privées