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Collections photographiques

Histoire de la photographie

C'est grâce aux avancées de l’optique et de la photochimie, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, qu’un dispositif fiable d’enregistrement de la lumière est élaboré au début du XIXe siècle. L’invention de la photographie est ainsi rendue possible grâce aux contributions des Français Nicéphore Niépce (1765-1833), Louis-Jacques Daguerre (1787-1851) et Hippolyte Bayard (1801-1887) et de l'anglais William Henri Fox Talbot (1800-1877).
Dès 1816, Nicéphore Niépce entreprend ses premières expériences et obtient ses premières héliographies. En 1829, il conclut un contrat d’association avec Louis-Jacques Daguerre. Cette collaboration débouche sur la mise au point du physautotype qui préfigure le daguerréotype. A partir des travaux de Niépce, Louis-Jacques Daguerre poursuit une série d’expériences qui vont le conduire à l’invention du daguerréotype. Le daguerréotype, dont le temps de pose est considérablement réduit (vingt à trente minutes de pose alors que le dernier procédé de Niépce exigeait plusieurs heures), rend possible la diffusion des outils photographiques à l’extérieur du cercle des expérimentateurs.

Parallèlement, l’anglais William Henry Fox Talbot réalise en 1834 ses premières impressions négatives sur papier. Il poursuit ses recherches qui vont déboucher, en 1840, sur la technique négative-positive dont le principe est toujours à la base de la majorité des procédés modernes. Enfin, Hippolyte Bayard met au point un procédé lui permettant d’obtenir des positifs directs lors de la prise de vue. Afin de ne pas entraver le processus de divulgation du daguerréotype qui est déjà amorcé, cette invention ne sera pas diffusée. Le daguerréotype et le négatif sur papier sont employés jusqu’au début des années 1850. Par ses caractéristiques visuelles, le daguerréotype est adapté au portrait alors que la photographie sur papier se prête plus à la photographie de voyage et d’architecture. Entre 1851 et 1880, un procédé de prise de vues domine : celui du collodion humide sur verre mis au point par l’anglais Frederick Scott Archer (1813-1857). Le collodion inaugure l’ère de la photographie sur un support en verre et permet d’obtenir des niveaux de finesse dans la restitution des détails que n’autorisaient pas les techniques antérieures.

En 1871, la mise au point du procédé au gélatinobromure d’argent marque une rupture avec une période de production artisanale et introduit de nouveaux modes de production et de consommation. En 1903, les frères Auguste (1862-1954) et Louis (1864-1948) Lumière mettent au point l’autochrome, premier procédé de photographie de couleur trichrome produit à l’échelle industrielle. La commercialisation des plaques a lieu en 1907. Pendant longtemps, la photographie a nécessité beaucoup de patience et un matériel assez encombrant. C'est un industriel américain, George Eastman, qui fabrique le premier un appareil facile à manier, mettant ainsi la photographie à portée de main. Le succès du « Kodak 100 vues » est immédiat et l’utilisation de la technique photographie devient universelle.

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Présentation des collections photographiques des Archives départementales

Les collections photographiques conservées aux Archives départementales des Côtes-d'Armor sont constituées d’environ 35 000 clichés retraçant, de façon inégale, l’évolution des techniques photographiques aux XIXe et XXe siècles. Les collections conservées sont constituées principalement de plaques gélatino-argentiques ou de supports souples. Il convient de noter la présence de trois daguerréotypes et de deux collections constituées de plaques au collodion. L’entrée de ces collections aux Archives s’est faite soit par don, soit par achat. A l’exception de deux fonds (Nouvel Espace et Jouas-Poutrel) qui regroupent au total près de 20 000 clichés, il s’agit de petites collections allant de quelques pièces à des ensembles n’excédant que rarement les 1 000 clichés, plus faciles à inventorier pièce à pièce. Dans un souci de préservation et de mise en valeur de ces documents originaux largement inédits, les Archives départementales ont développé depuis 2006 un programme de restauration et de numérisation. A l’instar de la collection de cartes postales des Archives départementales, les photographies numérisées consultables en ligne présentent un intérêt indéniable pour l’histoire du territoire des Côtes-d’Armor, grâce à la puissance évocatrice de l’image « ancienne ».


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