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Dictionnaire de la langue bretonne, 1752

Publié le 30 juin 2021
Dictionnaire de la langue bretonne par dom Louis Le Pelletier, Paris, François Delaguette éditeur, 1752 (page de titre, plat de la reliure, définition du mot « scôl »). (AD22 14 Bi 222).
Dictionnaire de la langue bretonne par dom Louis Le Pelletier, Paris, François Delaguette éditeur, 1752 (page de titre, plat de la reliure, définition du mot « scôl »). (AD22 14 Bi 222).
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Parallèlement aux documents d’archives, les Archives départementales conservent de nombreux livres dont les plus précieux sont regroupés dans le « fonds ancien » composé d’environ un millier d’ouvrages. D’une très grande richesse, ce fonds permet d’appréhender le livre en tant que porteur de savoir notamment sur l’histoire et la culture bretonne. De plus, grâce aux reliures dites de luxe, aux dorures, et aux marques de provenance le lecteur peut apprécier le livre en tant que véritable objet d’art.

L’ouvrage présenté ici en est un bon exemple. Il s’agit d’un dictionnaire de la langue bretonne écrit en 1716 et imprimé en 1752. Son titre complet, Dictionnaire de la Langue Bretonne, où l'on voit son antiquité, son affinité avec les anciennes langues, l'explication de plusieurs passages de l'Écriture Sainte, et des auteurs profanes, avec l'étymologie de plusieurs mots des autres langues donne une vision générale du contenu de l’écrit. L’auteur, Dom Louis Le Pelletier (1663 Le Mans-1733 Landévennec), est un prêtre bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Devenu religieux dans la ville de Saumur, il passe la plus grande partie de sa vie en Bretagne. Très doué pour l’étude des langues, il s’intéresse particulièrement au breton. Il écrit ainsi deux ouvrages sur la langue bretonne. Le premier : Dictionnaire étymologique de la langue bretonne est un manuscrit publié en 1701. Le volume contient des informations sur l’étymologie et la grammaire bretonne mais également sur la vie de Saint Gwenolé premier abbé de Landévennec [en breton et français]; le dialogue entre Arthur roy des Bretons et Guinglaff [en breton et français]. Le second est l’ouvrage qui fait l’objet de cet article.

L’exemplaire que possède les Archives départementales des Côtes-d’Armor est issu de l’ancienne collection de livres du chanoine Christophe-Michel Ruffelet (1725-1806) dont on peut reconnaître l’ex libris (marque de possession) sous forme d’étiquette au contre plat (c’est-à-dire la page intérieure de la couverture) : « bibliothèque du séminaire de Saint Brieuc R.[uffelet] ». L’ouvrage est relié en veau marbré et doré aux armes de la duchesse Anne : « Parti d’azur à trois fleurs de lys et d’hermines ». Sur la première page, se trouve une gravure signée F Ertinger. Il pourrait s’agir du graveur à l’eau forte François ou Frantz Ertinger (1640-1710). Cet en-tête est souvent utilisé pour les ouvrages  publiés au XVIIIe siècle en Bretagne. Il représente la puissance de la province bretonne par la mise en avant de ses armoiries soutenues par deux grands lions symbolisant le pouvoir et surmonté d’un heaume dont le cimier est un lion assis. L’ensemble s’insère dans un décor militaire composé de multiples objets comme un faisceau représentant le pouvoir (des bannières), la marine (ancre) et les arts de la guerre (des armes).

 Dictionnaire de la langue bretonne par dom Louis Le Pelletier, Paris, François Delaguette éditeur, 1752. (en-tête de la première page). (AD22 14 Bi 222).
Dictionnaire de la langue bretonne par dom Louis Le Pelletier, Paris, François Delaguette éditeur, 1752. (en-tête de la première page). (AD22 14 Bi 222).

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