2 – La terre et les hommes : registre paroissial de Lanloup (1467-1505)

Registre manuscrit sur parchemin, relié entre deux ais de bois de châtaignier, 30 feuillets de papier
Dimensions : 28,5 cm x 18,5 cm
Cote : 1 E dépôt 70/1

Les premières ordonnances épiscopales instituant la tenue de registres de baptêmes datent du XVe siècle. Ces mesures permettaient d'éviter d'éventuelles contestations liées au droit canon (parenté naturelle ou spirituelle pour les mariages, légitimité de naissance…). La première ordonnance de ce genre dans notre département a été prise par l'évêque de Saint-Brieuc en 1421. Les mêmes mesures, un peu plus tardives, furent prises pour les registres de sépulture ; elles permettaient la bonne exécution des testaments, relevant alors du droit canonique.

Cependant, c'est l'ordonnance royale de Villers-Cotterêts, promulguée par François 1er en 1539, qui institua pour toutes les paroisses de France la tenue obligatoire, en double exemplaire, de registres de baptêmes. L'un des registres devait être gardé à la sacristie et l'autre déposé au greffe de la juridiction dont dépendait la paroisse. En 1579, l'ordonnance de Blois compléta celle de Villers-Cotterêts en instituant la tenue des registres de mariages et sépultures. Ces deux ordonnances ne furent pas appliquées de manière homogène et il fallut attendre 1667 pour que Louis XIV prenne une nouvelle ordonnance, appelée "Code Louis", complétant les deux premières et les renforçant de manière autoritaire en rendant obligatoire la tenue des registres en français et non plus en latin. Aucun acte ne devait être omis, et les registres étaient obligatoirement déposés chaque année au greffe de la juridiction. Ce système fut en vigueur jusqu'à la Révolution française qui institua un nouveau système : les registres de baptêmes, mariages et sépultures furent remplacés par des cahiers d'enregistrement laïque des naissances, mariages et décès. Le document présenté ici est le plus ancien registre paroissial actuellement connu dans notre département. Il se présente sous la forme d'un cahier manuscrit sur parchemin, anciennement relié entre deux ais de châtaignier. Une ancienne foliation, semblant dater du XVIIIe siècle, indique qu'il devait compter 37 feuillets, mais seuls 30 nous sont parvenus, très abîmés. Il a d'ailleurs été restauré en 1987 par les Archives nationales, certains feuillets n'étant plus qu'à l'état de fragments. Le premier des actes date de 1467 et le dernier de 1505.

Ce registre est entièrement écrit en latin, à l'exception des noms de lieux et de personnes qui sont écrits en langue "vulgaire" (français). Les registres paroissiaux contiennent des informations dont l'intérêt dépasse la seule généalogie : la toponymie, les prénoms en vogue dans une région à un moment donné, les statistiques de la mortalité infantile ou la fréquence et la virulence des épidémies ; ces documents permettent d'étudier la densité et les mouvements de la population. Ils constituent aussi une chronique de la vie quotidienne grâce aux relations d'événements ou d'anecdotes consignés par les recteurs sur nombre de ces registres

Les Archives départementales conservent tous les registres provenant de la collection dite "du Greffe" ainsi que les collections, souvent plus anciennes, d'un bon nombre de communes ayant déposé leurs archives. Ces documents fragiles, irremplaçables témoins de notre passé, devaient être protégés définitivement des risques de dégradation matérielle que des consultations répétées leur faisaient courir. Aussi, ont-ils été tous microfilmés puis numérisés afin d'en permettre la plus large diffusion possible via internet.

TRANSCRIPTION-TRADUCTION

Transcription du premier acte enregistré :
Theoffania filia naturalis et legitime "Yvonis Le Sant et Maria Rollandi, de parochia de Pouaha, Briocensis diocesis, fuit per me Guillelmum Mat, presbiterum et curatum de Lanloup, in eglisia ejusdem loci de Lanloup, die et anno infrascriptis, baptizata et tenuenunt eam ad sacros fontes et fuit campater Roberdus Pezoni, et commatres fuerunt Téoffania le Picart et … Le Manach. Datum et actum die martis vicesima quita mesis augusti, anno Domini millesimo cccc° sexagesimo septimo – G. Mat, presbiter".

Traduction :
Théophanie, fille naturelle et légitime de Yvon Le Sant et Marie Rolland, de la paroisse de Plouha, diocèse de Saint-Brieuc, fut par moi, Guillaume Mat, prêtre et curé de Lanloup, dans l'église de Lanloup, le jour et an ci-dessus, baptisée et tenue sur les saints fonts. Et fut parrain Robert Pezoni et furent marraines Théophanie Le Picart et ….
Le Manach. Fait le mardi 25 août 1467. G. Le Mat, Prêtre.

SOURCES ARCHIVISTIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES COMPLEMENTAIRES

Bibliographie :
• Mévellec (Annick), Naître, vivre et mourir, C.D.D.P., Saint-Brieuc, 1981.
• Nombreux articles publiés dans le Bulletin de la Société d'émulation des Côtes-d'Armor (HP 12).
• Généalogie-Magazine, Paris, depuis 1982 (revue mensuelle).

DEVELOPPEMENTS PEDAGOGIQUES

Niveau scolaire : CM-Cinquième

Pistes pédagogiques
Replacer le registre de Lanloup dans l'histoire de la mise en place de registres paroissiaux en France. Ecrire l'acte présenté dans la langue française d'aujourd'hui.

Questions
Quelle institution est à l'origine de la tenue de ces registres ? Quelle est la langue utilisée pour la tenue du registre ? Quelle majorité de la population est concernée par ces registres ? Quelle mesure a permis la bonne conservation du registre ?

Pour aller plus loin
Dossier pédagogique : La citoyenneté