Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Plévenon, Cap Fréhel (le)

Édifices militaires

Type de dossier : ensemble ; avec sous-dossier Date de l'enquête : 2005

Désignation

Dénomination : édifices militaires
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : blockhaus

Compléments de localisation

Numéro INSEE de la commune : 22201
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : Les défenses militaires, installées lors de la seconde guerre mondiale par les troupes allemandes sur la commune de Plévenon (Cap Fréhel) comportaient :

- Côté ouest :
1 blockhaus de 2 étages, portant un radar Mammut Fumo Caesar 52 (armé par la Luftwaffe), d'une portée de 300 km.
1 radar d'avertissement et d'approche d'avions Wurzburg Riese, fixé sur un socle hexagonal (portée 60 km).
3 emplacements de canon de 75 à ciel ouvert.
1 tobrouk (abri bétonné enterré et inventé par les Italiens pour la défense du port de Tobrouk) ; en allemand : Ringstand). De 2 m sur 3 m, plafond percé à une extrémité par un orifice circulaire pour emplacement de combat, généralement une mitrailleuse lourde).
1 abri P.C. et 2 groupes de combat.
2 emplacements batterie Flak.
8 baraques pour le personnel.
1 abri infirmerie.
1 abri magasin.
1 point d'eau aménagé et 1 citerne.
Le tout relié par tranchées en abris individuels et à munitions par un maillage de tranchées, encore visible aujourd'hui.

- Près des phares de Fréhel (occupés et entretenus par les troupes allemandes) :
2 blockhaus armés avec canons de 50 (disparu).
1 emplacement de mitrailleuse sur cuve béton (à peine visible).
2 emplacements de batteries Flak (près de la corne de brume).
1 emplacement pour radar.

- Côté est :
1 radar Wurzburg Riese fixe sur socle hexagonal.
1 emplacement canon de 150 sur cuve maçonnerie, pouvant tirer des obus éclairants.
1 abri bétonné d'observation, réutilisant une ancienne construction (cabane à moutons) et assurant l'observation des abords terrestres du Cap Fréhel.

Remarques : les deux "bunkers" sont des abris-personnels, dont le bunker de commandement, tous deux armés de tobrouks. Un de ces bunkers fut détruit.
Le phare du Cap était protégé par un poste de tir aux coins de la cour. Il fut dynamité par les Allemands en 1944.
Les baraques semi-enterrées étaient situées dans une cuve quadrangulaire bétonnée, reliées à deux abris (magasin et infirmerie).
Les baraques de la cuisine et de la cantine pour la troupe (à l'est) et le baraquement des officiers (à l'ouest), ainsi que le magasin réutilisant un bâtiment des Ponts et Chaussées, existe toujours.
Une bâtisse en pierre et briques, ayant l'aspect d'une construction traditionnelle (sans toit) abritait un radar du type Freya. Il en existe seulement 3 ou 4 exemplaires en France.
L'embarcadère pour faire la liaison avec Saint-Cast et le "Festung" de Saint-Malo, était situé au port Saint-Géran.
De nombreuses tranchées en terre et emplacements bétonnés de trous d'homme et de mortiers lourds sont encore visibles sur l'ensemble du cap. Ils ceinturaient la plaine, la pointe du cap et la route départementale, avec de nombreux mortiers d'appui-feu et un réseau de barbelés, complétés par des champs de mines. Les landes du cap étaient entièrement minées et plantées de pieux d'arrêt contre les avions planeurs. Au centre de ce dispositif, les radars Freya FuMG 80 étaient alimentés par un abri usine L 486 comportant les groupes électrogènes. Cet ouvrage était long de 26 mètres. Ses fondations sont encore visibles aujourd'hui.
La route touristique a été construite après guerre au croisement de l'ancienne route principale : lieu où les Allemands, commandés par le lieutenant Sasse, déposèrent leurs armes après s'être rendus, sans condition, aux troupes américaines le 30 août 1944. La Wehrmacht rendait compte de la reddition du cap Fréhel, en ces termes de propagande : "En Bretagne, une position de renseignement de l'armée, encerclée par l'ennemi, a, sous la conduite du lieutenant Sasse, repoussé, des semaines durant et au cours de combats héroïques, les attaques les plus vives de forces bien supérieures en nombre et a rejeté quatre sommations de se rendre". Sources : travaux de recherche de Charles Lévêque et Michel Grimaud.
Datation(s) principale(s) : 2e quart 20e siècle

Description

Etat de conservation : désaffecté ; détruit ; menacé ; vestiges ; inégal suivant les parties

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à étudier
Observations : Le site militaire du cap Fréhel est encore à étudier pour réaliser une meilleure interprétation historique de ce site stratégique.

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune ; propriété du département

Vue générale du site militaire : plan de minage et de défense du cap Fréhel (collection particulière)


Documentation

Bibliographie

CHAZETTE, Alain, DESTOUCHES, Alain, PAICH, Bernard. AtlantikeWall. Le mur de l´Atlantique en France 1940-44. Bayeux : Editions Heimdal, 1995.

CHAZETTE, Alain, GUILLOU, Michel. La Bretagne en guerre 1939/45. Editions Heimdal, 1994.



Illustrations

Fig. 1
Vue générale du site militaire : plan de minage et de défense du cap Fréhel (collection particulière)
Fig. 2
Cartographie du dispositif de défense allemande sur le cap Fréhel, dont les stations radars Goldfish (collection particulière)
Fig. 3
Carte : installations d'écoute radar allemandes (Hermans Helmut, Le Gal La Salle, collection particulière)
Fig. 4
Installations d'écoute radar allemandes
Fig. 5
Reconstitution du plan de minage de Fréhel en octobre 1942 (collection particulière)
Fig. 6
Sites militaires remarquables de Fréhel (collection particulière)
Fig. 7
La DCA allemande au cap Fréhel entre 1940 et 1944 : le flak Vierling 38 (dessin H. Fürbringer, collection particulière)
Fig. 8
Soldat allemand surveillant la côte aux jumelles (collection particulière)
Fig. 9
Soldats allemands à leur poste de surveillance, dans leur batterie (collection particulière)
Fig. 10
Soldats allemands dans un abri (collection particulière)
Fig. 11
Un groupe des résistants FFI de Pléneuf-Val-André prenant la direction de Plévenon (collection particulière)
Fig. 12
Arrivée de l'armée américaine à Plévenon avant le 15 août 1944 (collection particulière)
Fig. 13
Cartographie de l'avancée de l'armée américaine en Bretagne (collection particulière)
Fig. 14
Blockhaus abri pour 2 groupes de combat
Fig. 15
Vue du blockhaus abri dans son environnement
Fig. 16
Blockhaus : point de Flack Vierling 38 (DCA)
Fig. 17
Bâtisse en pierre, non couverte : abri en trompe l'œil : emplacement d'un radar Freya FuMG 80
Fig. 18
Emplacement d'un radar Freya FuMG 80
Fig. 19
Support pour radar Freya
Fig. 20
Grand abri L 486 pour groupes de combat, comportant des groupes électrogènes (anciennement couvert)
Fig. 21
Abri de commandement ANTON pour la chasse aérienne de nuit
Fig. 22
Grand abri pour groupes de combat
Fig. 23
Vestiges des tranchées en terre et trous d'hommes
Fig. 24
Sentier menant à la pointe du Jas, avec 3 points de flak (DCA)
Fig. 25
Ancien point d'eau aménagé par les soldats allemands
Fig. 26
Point d'eau et citerne bétonnée

Voir

Plévenon, Présentation de la commune
Plévenon, Cap Fréhel (le), Blockhaus Anton : poste de commandement

Voir aussi

Plévenon, Cap Fréhel (le), Les stations radars du Cap Fréhel

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2005. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)