- Les premiers embarquements pour Terre-Neuve
L'un des premiers navires connu pour avoir pratiqué la pêche à la morue "es parties de la Terre-Neuve" était la "Jacquette", armée à Dahouët en 1510, avec Garoche et Lefroux, matelots natifs d'Erquy. En 1523, un navire d'Erquy "La Françoise", capitaine Julien Le Roux est signalé à La Rochelle, de retour de Terre-Neuve, pour y vendre sa cargaison de morues, et y charger des vins. La pêche à Terre-Neuve s'interrompit pendant les guerres du règne de Louis XIV. Erquy y prit une part non négligeable. A la même époque, le pêche côtière principalement au maquereau prenait avec vigueur le relais jusqu'au traité d'Utrecht (1713), qui mit fin à la guerre de Succession d'Espagne. Les marins d'Erquy embarquèrent régulièrement au 18ème siècle pour Terre-Neuve sur les navires de Saint-Malo et sur ceux de la baie de Saint-Brieuc, Le Légué, Binic, Portrieux, où les armateurs avaient des intérêts dans le pays de Dahouët et d'Erquy. Ils y faisaient cuire dans les nombreux fournils de la paroisse du "pain de mer", y mettaient en barrique "beurre et viandes salées", s'occupaient d'y faire fabriquer divers matériaux d'avitaillement, dont des cordes de chanvre (3 familles de cordier à Erquy).. La pêche se pratiquait soit "à la morue verte" sur le Grand-Banc, soit à partir de l'embouchure du Saint-Laurent où les équipages débarqués établissaient des "cabanes" leur servant d'habitation, des "échafauds" pour sécher les morues et des installations ("foissières") pour en extraire de l'huile. La pêche se pratiquait "à la faux" à bord de chaloupes, ancêtres des doris. Les morues étaient débarquées sur le "chafaud" à l'aide de "piquois". Les "vignaux" ou tréteaux servaient à faire sécher la morue en claies. La pêche provenant du Petit-Nord pouvait être livrée au Havre, voire Marseille après avoir embouqué le détroit de Gilbraltar, d'où étaient ramenés huile et savon. La petite noblesse locale figurait dans l'état-major des Terre-Neuviers provenant autant d'Erquy que de Pléhérel, du Cap-Fréhel, de Saint-Malo, dont le comte de la Villthéart (propriétaire du château de Bien-Assis en 1765) et Gouyon du Vaurouault (la Ville-Gour). Dans les années 1770-1780, la pêche fut particulièrement active et Erquy fait même quelques armements pour la pêche à Terre-Neuve.
- Inventaire des marins : rue des Terre-Neuvas, au village de Tu Es Roc
Dans la cour impasse de Tu Es Roc : - au n° 14 : la maison avec une seule pièce à vivre de la "Mère Loise" Launay. - au n° 12 : Prosper Launay (propriétaire d'un canot de pêche du type "Aleth"), le père, marin à Terre-Neuve. - au n° 10 : Louis David, patron de doris à Terre-Neuve. - au n° 8 : Joseph Druel, dit "Duret". - au n° 6 : Léon Trévilly, patron de doris. - au n° 1 : José Martin et son fils adoptif, noyés tous deux à Terre-Neuve pendant la campagne de 1927-28. - au n° 2 : Joseph Laurent, marin de commerce.
Rue Le Hamel : - au n°2 : Yves Laurent (Prosper), dit "Lipaou" ("grosses lèvres"), second capitaine à Terre-Neuve. - au n° 4 : Henri Pays, avant de doris à Terre-Neuve en 1923, père de Raymond Pays, à bord de "La Magicienne", patron Joseph Druel (3 mâts de Granville). - au n° 3 : Constant de la Motte, patron de doris. - au n° 5 : Constant Le Cam, patron de doris (avec Contativi, lui aussi patron de - de l'autre côté de la rue (à babord) : Corentin Mignon, patron de doris.
Dans la rue des Terre-Neuvas : - au n° 3 bis : Rollier Pierre, patron du canot SNSM "La Marie", patron de la bisquine "Le Va toujours", à De Kerjégu, propriétaire du château de Bien-Assis - au ° 7 : Raymond Pays et juste avant : Voisine, patron de doris, le "mari à la Gouriotte", marchande de poissons à Erquy, noyé à Terre-Neuve, lors de son premier voyage. - au n° 9 : Constant Rollier, marin à Islande (les marins Terre-Neuvas considéraient les Islandais comme des paysans parce qu'ils pêchaient du bord). - au n° 13 : Joseph Le Maître, patron de doris. - au n° 8 : un café. - au n° 17 : Jean Bidon, "Islandais", marin à Islande. - au n° 17 bis, Pierre Le Duc, marin à Terre-Neuve. - au n° 19 : Jaumet, marin à Terre-Neuve. - au n° 21 : Depagne, dit "Paletot", marin à Terre-Neuve. - au n° 10 : Cormier Joseph, patron de doris. - au n° 25 : Joseph et Francis Bertin (fils), dont le fils fut noyé à Terre-Neuve.
Témoignage de Raymond Pays.
|