Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Erquy, Hôpitaux (les) ; Ilot Saint-Michel ; Bouche (la) ; Follet ; Goulet (le) ; Houssaye (la)

Viviers : pêcheries

Type de dossier : ensemble Date de l'enquête : 2005

Désignation

Dénomination : viviers
Précision sur la dénomination : Pêcheries traditionnelles

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : Domaine public maritime ; plan terrier du Penthièvre
Numéro INSEE de la commune : 22054
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Milieu d'implantation : en écart (domaine public maritime)

Historique

Commentaire historique : Les anciennes pêcheries en pierres d'Erquy (dénommées "écluses") sont situées à la plage du centre, aux Hôpitaux et autour de l'îlot Saint-Michel (appelé Roche au Naye). Cependant, l'orientation des courants a été modifiée lors de la construction du nouveau port d'Erquy et ce changement d'ordre géomorphologique a provoqué l'ensablement des pêcheries et de l'ancien port.
Sur l'îlot Saint-Michel (la Roche-au-Naye), les moines de l'abbaye de Saint-Aubin avaient installé avec l'aide des habitants des Hôpitaux plusieurs pêcheries, dont on peut encore apercevoir les vestiges de chaque côté de l'îlot : 2 à l'ouest et 3 à l'est. L'abbaye disposait de concessions accordées par les seigneurs de Lamballe depuis le 1er quart du 14ème siècle (AD 22 H 378). Des pêcheries seigneuriales existaient à cette époque au port d'Erquy et à la Bouche, au Val Godenet, celle-ci affermée à un certain Thomin Godenet (appelé "vau Godeneu" sur le cadastre de 1785, entre la Falaise et la pointe des "Sables des Roseaux", alors en Pléhérel).
La seigneurie de Lamballe possédait au 17ème siècle des pêcheries à la pointe de la Houssaye (enclos du rocher) et à Follet. Au 18ème siècle, les pêcheries passent sous le contrôle de l'Amirauté de Saint-Brieuc. Elles deviennent collectives et prennent le nom d'"écluses". L'inspecteur des pêches Le Masson du Parc signale dans son enquête de 1726 la présence de 11 parcs de pierre le long du littoral d'Erquy (AD 22 H 378). Le Plan Terrier du Penthièvre (1785) indique l'emplacement des écluses de pierre à Follet, à la Houssaye et au Goulet. Au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, la pêcherie dite de Follet ou de Bernard, aux Hôpitaux, fut concédée par Françoise Dagorne à Marie-Thérèse Dagorne, sa nièce, par acte notarié. Cette écluse lui fut concédée à titre gracieux et temporaire par l'administration de la marine.
Datation(s) principale(s) : 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle

Description

Commentaire descriptif : Les pêcheries traditionnelles sont façonnées avec des pierres et des galets trouvés sur les lieux mêmes, sans liant mais avec une disposition en "palis", assemblés en rangées selon un triangle ouvert (sans base), dont la pointe est dirigée vers le large, ou selon un arc de cercle, formant une cuvette avec un étroit dévidoir, permettant à l'eau de mer de s'évacuer lentement, en formant un "piège" à poissons. La hauteur de ce mur n'excède pas 1 mètre.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : pierre

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à étudier
Observations : Les pêcheries de l'îlot Saint-Michel, remarquablement conservées, en particulier celles avec les pierres levées, sont à étudier.

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de l'Etat

Vue générale de l'écluse en pierre de l'îlot Saint-Michel


Documentation

Documents d'archives

AD Côtes-d'Armor : Plan terrier du Penthièvre, 1785, 1 E 494.



Annexes

  1. Les pêcheries d'Erquy au Moyen-Age

    A la fin du Moyen-Age, les seigneurs de Lamballe percevaient les rentes féodales ordinaires de la "Garenne", levées sur leurs vassaux de Tu Es Roc, la Moinnerie et les deux Hôpitaux, auxquelles s'ajoutait une redevance particulière : "la rente par poisson sec pour toute vache pâturant les communs de la Garenne". Cette rente est significative du double caractère rural et maritime de ces hameaux frontaliers de la mer : d'une part des villages au caractère rural où chaque famille possédait quelques lopins de terre (environ 4 à 5 ha) dans les "champagnes" avoisinantes et un petit troupeau de vaches à lait pâturant la Garenne. D'autre-part, des villages de pêcheurs, dont les habitants payaient la nourriture de leurs vaches à lait par une redevance de "poisson sec", sorti des pêcheries côtières et séché sur des "chafauds" au devant ensoleillé de leur habitation : Payera chaque vache par an, au mois de septembre une raye de poisson sec, appelée raye d'Erquy.
    Les registres de compte de la seigneurie de Lamballe nous apprennent qu'en 1412, il fut payé 216 rayes. Ce qui signifie que 216 vaches au moins pâturaient dans la Garenne à cette date.
    Au 16ème siècle, la redevance en "poissons secs" disparaît. Dans une enquête de 1547, les "rayes de poisson" ne sont plus mentionnées que pour mémoire. Les pêcheries semblaient avoir disparu ou n'être plus utilisées, peut-être à cause des embarquements à Terre-Neuve. Elles retrouveront une certaine activité vers 1650 par de nouveaux afféagements.




Illustrations

Fig. 1
Rocher de la Heussaye : écluses au Goulet et dans la rade d'Erquy (Plan Terrier du Penthièvre, 1785)
Fig. 2
Acte notarié (recto) daté du 20 octobre 1850 : donation d'une écluse ou pêcherie au Follet (Les Hôpitaux)
Fig. 3
Acte notarié (verso) daté du 20 octobre 1850 : donation d'une écluse ou pêcherie au Follet (Les Hôpitaux)
Fig. 4
Situation des pêcheries sur la côte d'Erquy (Le Gal La Salle)
Fig. 5
Vue générale de l'écluse en pierre de l'îlot Saint-Michel
Fig. 6
L'écluse en pierre côté ouest de l'îlot Saint-Michel
Fig. 7
Vue du sud de l'écluse en pierre de l'îlot Saint-Michel
Fig. 8
L'écluse en pierre, côté est de l'îlot Saint-Michel
Fig. 9
Vestige de la grande écluse en pierre sous Saint-Michel
Fig. 10
Les pierres levées en lignes continues de la grande écluse
Fig. 11
Vue de détail des pierres leveés de la grande écluse en pierre sous Saint-Michel
Fig. 12
Pêcherie de la rade d'Erquy : pointe de la Heussaye
Fig. 13
Vestiges de la pêcherie de la rade d'Erquy

Voir

Erquy, Présentation de la commune d'Erquy
Erquy, Maisons, châteaux, manoirs, fermes et installations aquicoles sur la commune d'Erquy

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2005. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)