(c) Inventaire général, 2007 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2007

Bretagne, Côtes-d'Armor

Binic, Leclerc (boulevard) 3

Usine de salaison de poissons, saurisserie Le Gonidec, puis "Le Grand Léjon", actuellement magasin de commerce

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : usine de produits agro-alimentaires
Précision sur la dénomination : usine de salaison de poissons
Appellation et titre : usine de produits agro-alimentaires Le Gonidec, puis Le Grand Léjon
Destinations successives et actuelles de l'édifice : magasin de commerce
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication

Compléments de localisation

Numéro INSEE de la commune : 22007
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Etables-sur-Mer
Milieu d'implantation : en ville

Historique

Commentaire historique : L'établissement de salaison de poissons fut fondé par Louis Le Gonidec en 1930. Le bâtiment initial était situé à côté des greniers à sel et des salaisons Depincé et Verry, avant d'émigrer quelques années plus tard, Boulevard Leclerc, appelé "Boulevard des Vaches", appellation donnée à la rue principale qui va de la Roche-Martin (où étaient situées les deux exploitations agricoles du nom de Chapelet), à l'entrée ouest de la Banche.
Les salaisons Le Gonidec importait principalement le capelan et la morue, mais aussi le hareng, qui étaient débarqués dans les ports de Fécamp, Saint-Malo, Bordeaux (Vidal, Huet), Bègles (Le Marié). Les marins du pays qui revenaient de Terre-Neuve ou d'Islande, vendaient leurs "provisions", c'est à dire les "issues", les "naos", les têtes et les joues (appelées joutraux) et les langues de morues à la saurisserie, conservées dans des barils de 200 kg. Les "lèvres de morues" étaient mis dans les filets.
L'entreprise recevait de la morue fraîche que les anciens marins terreneuvas venaient traiter, trancher sur la "guillotine", piquer avant de la saler, comme ils le pratiquaient à bord. Pendant la guerre, on traitait surtout le maquereau et le hareng pendant l'hiver, transformés en filet. Le hareng venait souvent du Croisic. La marque déposée par l'entreprise des trois frères Le Gonidec (Henri, Louis et Christian), après le retrait du père, était "Le Grand Léjon". On disait souvent pour blaguer en évoquant la fumaison de la morue : "Vous leur montrez le phare du Grand Léjon d'un côté et de l'autre et ils sont cuits" (témoignage de Louis Le Gonidec). L'entreprise fut ensuite cédée à l'un des ouvriers M. Da Silva en 1975. la fabrication fut transférée dans la zone artisanale de Beaufeuillage.
Datation(s) principale(s) : 2e quart 20e siècle
Date(s) : 1930
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : L'usine datée de la seconde moitié du 20ème siècle est un bâtiment construit en parpaing de béton avec une couverture à longs pans en ciment. Elle est constituée d'une vaste pièce en rez-de-chaussée, équipée de 3 grandes ouvertures symétriques.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : béton ; parpaing de béton ; enduit
Matériau(x) de couverture : ciment amianté en couverture
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Vaisseau(x) et étage(s) : en rez-de-chaussée
Type de la couverture : toit à longs pans
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté ; remanié

Intérêt de l'oeuvre

Oeuvre repérée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue générale


Documentation

Bibliographie

LE GONIDEC, Louis. Témoignage oral sur les salaisons Le Grand Léjon. Binic, 23 octobre 2007, Témoignage oral.



Annexes

  1. Les salaisons binicaises (synthèse de Guy Prigetn d'après les recherches de Christian Querré)

    Le traitement de la morue annonça les premières salaisons maritimes de Binic au début du 20ème siècle, sur le quai Jean-Bart avec les salaisonneries maritimes Depincé et Verry (situées à l'emplacement de l'immeuble les "Pierres salées"). En 1860, Eulalie Martin-Rossignol lança une industrie de poissons et de charcuterie, qui employa jusqu'à 100 ouvriers, elle existe aujourd'hui sous le nom de "Mère Lalie". Cette initiative unique dans le Département est à mettre sur le compte des armateurs binicais qui surent créer une véritable filière du poisson, contrairement aux armateurs des autres ports du Goëlo et du Penthièvre, comme Paimpol. Ce furent ensuite sur la Banche, de 1930 à 1975, les salaisons Le Gonidec, pratiquant l'exportation du poisson fumé, morues, capelans, cabillauds et saumons, reprises en 1975 par M. Da Silva. "Le plus beau fleuron de l'industrie alimentaire binicaise", pour reprendre les termes de C. Querré, "reste l'entreprise Rossignol, fondée en 1860 par Eulalie Martin, transférée en 1979 de la rue de l'Ic à la ZA de la Mare, pour s'appeler aujourd'hui "Binic Gastronomie". L'une de ses gestionnaires fut Ange Rossignol, ancien maire de Binic (1953-1968).




Illustrations

Fig. 1
Vue générale
Fig. 2
Vue du commerce actuel qui a remplacé l'usine de salaison
Fig. 3
Vue de l'ancien hangar de salaison
Fig. 4
Enseigne de l'ancienne usine de charcuterie Rossignol de Binic (Musée de Binic)

Voir

Binic, Présentation de la commune de Binic

(c) Inventaire général, 2007 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2007. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire du patrimoine culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)